Thierry Guerin – Engagé pour respecter les arbres et arbustes dans leur singularité

Dernière mise à jour : sept. 19


Curieusement, la route de Thierry Guérin ne cesse de croiser celle des arbres... et des Arbusticulteurs.

Après ses débuts comme menuisier-ébéniste, Thierry se forme à l'élagage et au soin des arbres au CFPPA de Tours-Fondettes, où il obtient son Certificat de spécialisation (CS) en 1989 ; son professeur de reconnaissance des arbres est alors Hervé Bichon, futur co-fondateur des Arbusticulteurs.


À la manière des Compagnons, il effectue ensuite un mini-tour de France : Pau, Paris et l’île de La Réunion, où il plante des hortensias le long des chemins de randonnée. À son retour en 1992, c'est Francis De Jonghe - l'un des précurseurs de l'Arboriculture Ornementale et de cette façon de tailler les arbres autrement - qui le recrute au sein de son équipe parisienne. Comme tous les ouvriers de l’entreprise, il participe à des formations conduites par Pierre Raimbault, aujourd'hui disparu et qui, lui aussi, sera l'un des co-fondateurs de notre association.


Désireux d'élargir encore ses connaissances, le grimpeur-élagueur professionnel complète sa formation au CFPPA d’Angers Le Fresne, où il obtient le BTSA 'Aménagement paysager' en 1998. Certains enseignants l'y ont particulièrement marqué , tel qu'Hervé Thomas, « un remarquable professeur en reconnaissance des végétaux », ou encore M. Tanguy et sa maxime « Jus de crâne avant l’huile de coude », aujourd’hui devenu sienne. « Il faut bien penser le jardin, planter le bon végétal au bon endroit pour avoir après peu d’entretien ».


Au long de son parcours, deux anecdotes relatives aux arbustes ont particulièrement marqué Thierry. La première l'a sensibilisé à la valeur d’un arbuste : « Lors d’un chantier dans le parc de l’Élysée, en raccourcissant une longue branche pour préserver la perspective du jardin, je la vois s’écraser et rebondir en fracassant cet arbuste précieux dont le nom ne me revient pas en mémoire… En réparation de cette perte, un arbuste similaire a été offert en cadeau au Président de la République. »

La deuxième a pour cadre un championnat d’élagage au début des années 2000 où certains arboristes ont prêté peu d'attention aux arbustes présents dans le parc avec à la clef des soucis pour le gestionnaire ... « Les arbres sont une des composantes du paysage, tout comme les arbustes et les fleurs » annonce Thierry avec une certaine nostalgie pour un temps où la connaissance du végétal dans le paysage restait primordiale… « J’adore lire les livres du XIXe siècle ».


« À ma sortie du CS Taille et soins aux arbres, protéger les arbres était normal, mais les clients demandaient des choses aberrantes », s’exclame Thierry. Il décide alors de s’investir au sein de la Société Française d’Arboriculture (SFA) sur la vulgarisation de messages revendicatifs du bien-être végétal, et devient l'un des acteurs de la campagne 'Respectons les arbres' pour tenter de sensibiliser le plus grand nombre à cette cause. Son implication se concrétise notamment par la co-signature d'une série de bandes dessinées : « Mort d’un chêne » (2004), « Petit arbre deviendra grand » (2006), « Les racines du mal » (2020). Programmée pour fin 2021,la suite aura pour thème « Arrêtez de faire des patatoïdes avec les arbustes » ; elle relatera l’approche d’un élève en aménagement paysager face aux demandes incongrues et aux réalités de tailles observées sur place ; pour convaincre, cet élève emmènera son maître d’apprentissage à un week-end avec... Les Arbusticulteurs ! Ces supports de communication sont accessibles à tous, sur le site de la SFA.


Depuis 1994, Thierry Guérin est formateur en élagage au CFPPA Tours-Fondettes, où il intervient également en gestion des végétaux et plantations auprès des Bac Pro Aménagement Paysager. Il s'accorde aussi un peu de temps pour sculpter le bois... à la tronçonneuse, en parallèle de son activité de scénarisation de planches de bande dessinée pour la SFA.


« Moi, je taille les végétaux, mais ont-ils besoin d’être taillés ? Mon objectif reste qu’ils gardent leur port naturel et restent en bonne santé », rajoute Thierry, en concluant « Chez moi, je ne taille que très peu, juste pour préserver les sentiers ou une vue, et je laisse le bois mort tomber de lui-même au sol : j’ai ainsi bien plus d’oiseaux à observer ! ».