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Arbuste du futur n°4 : Robinia neomexicana, l'Acacia du Rio Grande

  • Photo du rédacteur: Pauline
    Pauline
  • il y a 11 minutes
  • 2 min de lecture

Yves Darricau, agronome, apiculteur et planteur d’arbres


Entre arbuste et arbrisseau (jusqu’à 8 m), cet acacia du Sud des Montagnes Rocheuses est un des cousins du si répandu Acacia faux-acacia (Robinia pseudoacacia) dont il a les fondamentaux (stipules transformées en épines, feuilles composées, fleurs en grappes, fixation de l’azote via des mycorhizes, bois imputrescible…) et quelques autres caractéristiques notables. On peut l’observer à l’Arboretum des Barres, ainsi qu’à Iturraran, au Pays basque espagnol.


Robinia neomexicana planté dans une haie libre, au sein d'un vignoble (Ile-et-Vilaine, © Yves Darricau)
Robinia neomexicana planté dans une haie libre, au sein d'un vignoble (Ile-et-Vilaine, © Yves Darricau)
Belle grappe rose et parfumée de Robinia neomexicana (© Yves Darricau)
Belle grappe rose et parfumée de Robinia neomexicana (© Yves Darricau)

Il est remarquable par sa sobriété (400 mm de pluie dans sa zone d’origine voisine des cactus), sa plasticité (tous sols même très pauvres, à l’exception des sols détrempés) et surtout son étonnante floraison nettement remontante.

Il fleurit en belles grappes denses, rosées et parfumées. Ses gousses sont velues (et stériles en France). Une première floraison a lieu en mai, comme pour l’Acacia faux-acacia, puis remonte en juillet et août sur les pousses d’été : des remontées au moins aussi généreuses que la première, et très appréciées de quantité d’insectes en cette période estivale de disette florale. On y gagne aussi des beignets pour le 14 juillet (les indiens Apache faisaient sécher ses fleurs pour en consommer au long de l’hiver) ! On notera qu’il est sélectionné aux USA avec des variantes de couleurs du blanc au rose soutenu (il y est vendu sous son ancien nom de Robinier luxurians).


Robinia neomexicana butiné par une abeille (© Yves Darricau)
Robinia neomexicana butiné par une abeille (© Yves Darricau)
Grappe de fleurs vue du dessus. (© Yves Darricau)
Grappe de fleurs vue du dessus. (© Yves Darricau)

Il est un peu piquant, sans exagération, et surtout bien peu drageonnant en comparaison de son cousin qui a tendance à occuper très vite son voisinage.

Ses rares caractéristiques en font un champion pour le futur chaud et sec qui s’annonce, pour toutes solutions de protection des sols pauvres, pour une introduction en haies (mellifères), pour des décorations jardinières ou urbaines, et pour certains sous-bois de pins ou de chêne. Bref partout où les conditions limitent les floraisons estivales !

On retiendra pour la petite histoire qu’il était connu chez nous des forestiers (il figure dans le catalogue de l’Arboretum des Barres de 1949) qui l’ont finalement écarté, car trop modeste en taille pour la production de bois et piquets, tout en signalant son potentiel horticole, resté hélas oublié. Ce beau champion du futur a eu une introduction ratée. Il faut le re-découvrir en espérant qu’une offre en pépinières finira par se développer.

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