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Arbuste du futur n°6 : Prunus lusitanica, le Laurier du Portugal

  • Photo du rédacteur: Pauline
    Pauline
  • il y a 10 minutes
  • 2 min de lecture

Yves Darricau, agronome, apiculteur et planteur d’arbres


Le laurier du Portugal (Prunus lusitanica) est un joli arbrisseau (6 à 8 m de haut pour 1 à 3 m de large) à feuillage persistant, vert foncé, feuilles coriaces, brillantes et pétioles rougeâtres. Rustique (-15°C), de croissance lente, avec un port buissonnant conique, il peut atteindre 6 m de haut pour 2 m de large en une dizaine d’années, et s’avère facile à vivre, utilisable de multiples façons, libre, isolé, en haies ou en topiaires.

Photos 1 et 2 : Prunus lusitanica longtemps nappé de blanc : le buzz des abeilles est assuré ! (© Yves Darricau)
Photos 1 et 2 : Prunus lusitanica longtemps nappé de blanc : le buzz des abeilles est assuré ! (© Yves Darricau)

Ce qu’il a de plus remarquable, c’est sa floraison très généreuse, de longue durée. Il se couvre entièrement de grappes blanches, de plus de 10 cm, présentant une multitude de fleurettes qui s’ouvrent progressivement et sont très mellifères : une noria d’insectes affamés sur un manteau blanc ! Ses dernières fleurs sont rattrapées par les premiers fruits en forme de billes vertes telles de petites cerises, qui virent au rouge puis au noir. Ils sont très appréciés de la petite faune et sont les fruits les plus nutritifs du genre Prunus1.

Photo 3 : Floraison du cultivar 'Angustifolia'. (© Yves Darricau)
Photo 3 : Floraison du cultivar 'Angustifolia'. (© Yves Darricau)
Photo 4 : Les fruits si appréciés sont chipés avant d'être mûrs. (© Yves Darricau)
Photo 4 : Les fruits si appréciés sont chipés avant d'être mûrs. (© Yves Darricau)

Autre curiosité, son pollen très lourd – comme celui de tous les cerisiers – nécessite de bons pollinisateurs transporteurs comme les abeilles pour assurer sa pollinisation.

Son histoire mérite quelques mots : il fait partie de la flore dite paléotropicale, survivante du temps bien lointain où le climat méditerranéen était chaud, sans hiver, et surtout humide, richement arrosé par les pluies. Il a survécu jusqu’à nous en vivotant bien difficilement dans quelques refuges résiduels (Portugal, Espagne, Maroc, Canaries)2, avec quelques autres curiosités dont le lierre, qui nous épate par sa floraison étrangement tardive.

Le Laurier du Portugal doit maintenant sa survie à sa migration qu’il faut absolument favoriser vers le Nord, où il trouve un peu de fraîcheur et d’humidité. Résistant à l’assèchement progressif du climat, son comportement face à la sécheresse et aux coups de chaleur, observé par l'auteur en Bretagne suite aux canicules de 2026, plaide pour lui. On le plantera sans risques là où le Houx est encore à l’aise.


1. Ana Abraão et al., « Prunus lusitanica L. Fruits: A Promising Underexploited Source of Nutrients with Potential Economic Value”, Foods 2023, 12(5), 973; https://doi.org/10.3390/foods12050973

2. Raposo, M.A.M.; Nunes, L.J.R.; Quinto-Canas, R.; del Río, S.; Pardo, F.M.V.; Galveias, A.; Pinto-Gomes, C.J. Prunus lusitanica L.: An Endangered Plant Species Relict in the Central Region of Mainland Portugal. Diversity 2021, 13, 359. https://doi.org/10.3390/d13080359

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